AG 2023 (3/5) | Où en sont l’Inclusion et la mixité ? 

Les Grands Prix de l’Assemblée Générale et de la Mixité (GPAGM) s’inscrivent dans le cadre des Rencontres du Capitalisme Responsable portées par l’ICR*. Ils récompensent chaque année les meilleures pratiques des entreprises en matière de partage de la valeur, d’engagements ESG, de mixité et d’inclusion, de dialogue actionnarial, de gouvernance et de raison d’être. Le Jury des GPAGM, composé de 21 expertes et experts, émet, tous les ans, 5 recommandations à destination des entreprises du CAC40 et de 20 entreprises du SBF120.

Au sein des GPAGM, le Grand Prix de la Mixité et de l’Inclusion, à travers les membres de son jury,  invite les dirigeantes et les dirigeants d’entreprises à présenter les engagements, objectifs et résultats en matière de mixité et d’inclusion au sein de l’entreprise, y compris ceux découlant de la loi Rixain.

La mixité, un sujet encore peu évoqué

Lors de la saison des Assemblées Générales 2022, seules 18 entreprises ont évoqué le sujet de la mixité, pour certaines en mentionnant seulement la part de femmes administratrices au sein de leur Conseil. Le plus souvent, cette thématique était traitée dans le cadre de la présentation de la politique diversité et inclusion des entreprises.

Selon un rapport du Haut Comité de Gouvernement d’Entreprise (HCGE), la proportion des femmes au sein des Comités exécutifs ou Comités de direction (parmi les sociétés du SBF 120 qui se réfèrent au code du gouvernement d’entreprise des sociétés cotées (Afep-Medef)) s’établissait en mai 2022 à 27,41 % (contre 25,5 % en mai 2021) ;  5 sociétés du SBF 120 (dont 2 du CAC 40) n’ont cependant toujours pas nommé de femme au sein de ces instances (contre 4 en 2021)[1].

On note également que 97 % des sociétés du SBF 120 ont mis en place des objectifs visant la diversité dans  les instances dirigeantes ou aux postes clés. Néanmoins, 3 sociétés du SBF 120 ne respectent pas cette recommandation du code Afep-Medef [2].

Des quotas pour féminiser les instances dirigeantes

Depuis décembre 2021, la loi Rixain instaure des quotas dans les postes de direction des grandes entreprises. Les entreprises de plus de 1 000 salariés sont dans l’obligation de publier chaque année sur leur site internet les écarts éventuels de représentation entre les femmes et les hommes parmi leurs cadres dirigeants et les membres de leurs instances. L’objectif est d’imposer des quotas de 30% de femmes cadres-dirigeantes et de 30% de femmes membres des instances dirigeantes en 2027, puis d’atteindre des quotas de 40% en 2030. A chacune de ces échéances, les entreprises auront deux ans maximum pour se mettre en conformité avec ces quotas, sous peine de pénalités financières.

Enfin, le Parlement européen a approuvé, le 22 novembre dernier, la Directive « Women on Boards », qui impose la féminisation des Conseils d’administration des grandes entreprises cotées en bourse. Celles-ci auront jusqu’à juillet 2026 pour s’assurer que 40% des postes d’administrateurs non exécutifs sont occupés par des femmes, ou 33% de tous les postes d’administrateurs.

Vers plus de mixité… et d’inclusion

Cette année, les membres du Jury appellent les dirigeantes et dirigeants d’entreprise à mettre en lumière, non seulement les avancées en matière d’égalité femme/homme mais également les objectifs, avancées et indicateurs concrets découlant d’une démarche engagée pour l’inclusion et la diversité à tous les niveaux de l’entreprise : quelles sont les initiatives concrètes mises en place en faveur d’une plus grande mixité et d’une meilleure  inclusion ? Y’a-t-il un pôle dédié à la politique D&I ?

[1] Rapport HCGE 2022

[2] Ibid.