Partager les expériences individuelles pour avancer ensemble…

À l’occasion de la première édition de l’Atelier des Observatoires de l’Institut du Capitalisme Responsable (ICR), Stéphane Marchand, son Délégué Général, a tenu à rappeler que l’ICR se fixe pour ambition de faire grandir, au vrai sens du terme, notre capitalisme, le faire grandir vers un modèle vertueux pour les entreprises, pour les investisseurs, pour l’État et la société civile. Il s’agit d’apporter sens et cohérence dans un système déboussolé à l’intérieur et décrié à l’extérieur. 

L’Institut du Capitalisme Responsable, c’est une conviction ! La conviction que le capitalisme doit devenir un levier décisif au service du bien commun. C’est l’engagement à chercher les moyens de rendre cette conviction crédible, simple et accessible, tangible et mesurable. C’est aussi une communauté qui s’étend chaque jour… 

L’ICR c’est aussi méthode ! Cette méthode tient en peu de mots :  partager les expériences individuelles des entreprises pour avancer ensemble. Nous écoutons attentivement toutes les parties, y compris les adversaires du capitalisme, mais nous comptons d’abord sur ceux qui font le capitalisme, les entreprises, les investisseurs, les régulateurs, la puissance publique, sans oublier ceux qui l’étudient, les chercheurs.         

Dans le cadre de nos travaux, l’expérience vécue a priorité sur la théorie. Avec nos membres, nous explorons des pistes, en sélectionnons certaines, en abandonnons d’autres. Nous nous trompons parfois, mais nous savons que, pour des chercheurs, une impasse n’est pas un échec, c’est une ressource, une information, un service rendu à la communauté.   

Nos observatoires ne sont pas des rassemblements éphémères. Composés de responsables en entreprise et de représentants de l’État, leur programme s’étend sur plusieurs années selon un séquencement immuable : explorer, identifier, recommander. Explorer les enjeux prioritaires, identifier ses meilleures traductions opérationnelles pour la responsabilité, recommander à tous les acteurs de la Place, y compris les acteurs syndicaux et politiques, les évolutions que nous pensons essentielles. Au cours de ce parcours très riche, les membres partagent leur connaissance du terrain avec des opérationnels et des spécialistes de premier plan.  Notre parti pris : des groupes compacts de cadres engagés qui échangent entre eux, accompagnés d’experts triés sur le volet.

C’est pourquoi, grâce à nos cinq observatoires, notre ambition est de construire un arsenal de la responsabilité :

  1. L’Observatoire de l’Inclusion cherche à brosser un portrait dynamique de l’entreprise « complète ». Comment se rendre attractive pour les minorités qui se sentent rejetées ? Comment faire de cette ouverture une force ? Et faut-il que cette force se transforme en performance exclusivement financière ? Il s’agit bien sûr de débusquer les pièges que recèle le vocabulaire « corporate » masculinisé à outrance, car la parité est un combat inachevé, mais plus largement d’irriguer l’entreprise de toutes les richesses combinées de la société.
  2. Pour sa part, l’Observatoire des Actionnaires d’Avenir cherche sans relâche les moyens de mettre sur de nouveaux rails ce fondement du capitalisme qu’est l’actionnariat individuel ou salarié, un engagement loin d’être seulement financier. Dans un univers de NFT, de Cryptomonnaies et de Tik Tok, comment parler aux jeunes générations, où leur parler, de quoi leur parler, pour qu’ils rejoignent l’aventure de l’investissement en actions ?
  3. L’Observatoire de la Matérialité des Enjeux Sociaux et Environnementaux s’est dès le début attaqué à la question fondatrice de l’ICR : peut-on mesurer les progrès d’un acteur sur l’échelle de la responsabilité ? Avec quels outils ? En 2024, nous allons continuer de travailler sur la mise en œuvre de la CSRD et le concept de transition « juste », un concept qui mérite d’être défini de façon très explicite pour le plus grand nombre. 
  4. Dans l’Observatoire de la Raison d‘Être, nous essayons de libérer et d’exploiter toute la puissance de cette innovation apportée par la loi Pacte. À l’ICR, nous ne voulons pas d’une raison d’être « slogan », nous voulons une raison d’être levier pour épauler les plans stratégiques et les objectifs ESG.
  5. Enfin, l’Observatoire du Partage de la Valeur s’attaque à un grand défaut de légitimité du capitalisme, la répartition de la valeur ajoutée entre les parties prenantes. Il s’agit, au-delà de la participation et de l’intéressement, de définir ce qu’est la création de valeur en 2024, quelles formes peut-elle prendre et comment le partage peut-il être organisé ?       

Si nous parvenons à progresser sur tous ces axes, c’est grâce à l’engagement de nos partenaires, de nos membres… La tâche de l’ICR est immense mais notre ambition est intacte. Ce qu’il reste à faire donne le tournis mais nous n’aurons réussi que quand la responsabilité ne sera plus seulement une volonté mais une réalité ancrée dans les mécanismes de notre modèle de capitalisme.

Par Stéphane Marchand, Délégué Général de l’ICR